Pour un temps de transition

A Madame Wilmès, Première Ministre,

Au gouvernement transitoire  

Le déconfinement a commencé.

Cela donne le sentiment d’être monté dans le train d’une montagne russe. Accrochons nos ceintures.

Prenez soin de vous, disiez-vous. Et des autres.

La tâche se complique. Aura-t-on encore le temps pour prendre soin de nous, des autres, du temps lui-même ?

La question du temps, chacun le sait, est un objet de pouvoir et de savoir. Son interprétation est sujette à disputes et controverses. Elles sont au cœur des préoccupations liées au déconfinement.

A qui va-t-on donner du temps ? Pour quoi faire ? Dans quelle durée ? A quel moment ?

A quelle « école » va-t-on donner la maîtrise du temps ? Celle qui défend que le temps, c’est de l’argent ? Celle qui promeut la subjectivité du temps et son vécu ? Celle qui peut imaginer une relativité du temps qui se rapporte à une étendue ? Celle qui s’appuie sur les rythmes et les silences ? Celle qui, par contingence et nécessité, se voit céder à l’urgence ?...

S’il y a plein de possibilités de s’articuler avec le temps pour penser, vivre, construire, cultiver…, force est de constater que nous sommes pris de court.

Faut-il courir aujourd’hui ? Vers quoi et pourquoi ?

Avec d’autres dirigeants d’Europe et d’au-delà, vous avez pu arrêter le temps. Vous en avez retrouvé la maîtrise. Vous avez renversé les logiques économiques en cours. Vous avez fait un travail formidable. Vous nous avez confinés.

Nous vous demandons de ne pas lâcher la bride du temps. Courage.

Beaucoup de propositions naissent aujourd’hui, de ci de là, pour retrouver le temps autrement. Mais ce qui se trame reste principalement sectorisé et, de ce fait, déforcé pour affirmer le changement de paradigme qui est pourtant chaque fois sous-jacent.

Il semble possible aujourd’hui de se donner le temps, de créer les conditions pour penser, construire, cultiver un champ de vie différent, d’autres grilles de lectures.

A-t-on le choix d’ailleurs ?

Si nous n’y prêtons attention, d’autres crises viendront nous rappeler la question du temps.

Nous vous faisons une proposition :

Reprendre la main sur le temps : ralentir le déconfinement, rendre possible une période de transition. Cette période doit permettre aux citoyens

  1. de sortir de l'hébétude du confinement, de prendre soin de ce que cela a provoqué et
  2. de penser la suite    

Nous pensons que nous ne pouvons penser un vrai changement sans passer par l’épreuve du dialogue avec les citoyens, avec leurs paroles, leurs craintes, leurs aspirations particulières pour que cela se dise, pour que cela s’articule.  

Nous vous demandons, pour permettre la participation de chacun,

le prolongement et l’élargissement des « droits-passerelles » et la création de revenus de substitution pour permettre à chacun de vivre cette transition sereinement. Pendant quelques semaines encore.  

Ensuite, en appui sur ce temps de transition, avec les associations signataires et toute entité ou personne physique qui le souhaite   

nous nous proposons de structurer un débat citoyen sur les actions à mener, un grand moment de démocratie participative pour relancer la vie socio-économique et culturelle, défragmenter les propositions, reconstruire un socle suffisamment commun, en partageant des documents, en organisant des assemblées thématiques, en centralisant les résultats sur une plateforme,...

www.lespetitesmains.be

https://www.facebook.com/Les-Petites-Mains-110130687393751/

Les retours sur les lieux de travail, à l’école, à la vie économique telle que nous la connaissions ne vont pas de soi. Des questions se posent tous azimuts. Des problèmes aussi, que chacun gamberge plus ou moins.

Prenons soin de nous et des autres.

Un temps de transition est l’occasion de donner du temps à cette énergie qui bout, pour sortir de l’angoisse et pour qu’elle puisse s’exprimer, prendre forme.

La durée de ce temps de retrait et de réflexion collective pourrait être définie par cette sympathique critique de la maladresse politique actuelle : « les magasins avant les câlins ?! ».

Ne faudrait-il pas, en effet, s’assurer que la solidarité qui règne aujourd’hui puisse avoir le temps d’aller jusqu’au bout, jusqu’aux câlins ?

Une certaine interprétation du temps nous invite à préparer un mode de vie différent jusqu’à ce que les câlins redeviennent possibles. Ils deviendront le signal de départ d’une organisation socio-économique différente qui peut être pensée dès maintenant, au-delà de la précipitation.

Deux éléments sont importants dans cet appel : donner le temps de sortir de la sidération créée par le confinement et donner le temps de penser la suite. Cela vaut l’investissement, tant pour l’économie que pour les soins de santé et la sécurité sociale, pour l’écologie aussi.

Et pour continuer à vivre ensemble…

Merci !

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