Réforme des PCS

Comme vous, nous sommes tous plus au moins au courant de la prochaine réforme des PCS. Celle-ci nous interpelle : « à quelle sauce allons-nous encore être mangés » ?  

Une discrimination est clairement identifiable au détriment des petites communes (notamment en milieu rural). Lors de l’une de nos rencontres avec certains chefs de projet et travailleurs, nous avons décidé de briser le silence quant au travail préparatoire sur le nouveau décret PCS. Un travail déjà bien avancé et qui, une fois n’est pas coutume, n’a fait l’objet d’aucune consultation des experts de terrain que nous sommes. Il nous semble urgent de réagir.  

Plusieurs points attirent notre attention :  

- les critères d’éligibilité pour l’accès au droit de tirage au fonds de cohésion sociale à savoir : avoir un minimum de 5% de logements publics. Deux dérogations sont cependant possibles :  

       o   soit avoir un plan HP.

       o   soit le revenu moyen par habitant est inférieur au revenu moyen par habitant en région Wallonne.  

Un regroupement de communes est cependant possible pour autant que la moyenne des logements publics des communes regroupées atteigne le seuil des 5%.  

-  la barre fatidique des 40.000 € doit être atteinte ; dans le cas contraire, pas d’accès au droit de tirage :

        o   pour les PCS actuels : à calculer sur base de 80% de notre subvention actuelle.

        o   pour les nouvelles communes candidates : en fonction du nombre d’habitants.  

Un regroupement de communes est cependant possible pour autant que chacune des communes regroupées réponde aux critères d’éligibilité ci-dessus.  

-  le manque de clarté du futur dispositif (suppression des axes, objectifs, risque de choix politiques privilégiés et à l’encontre des besoins locaux réels, … ?).  

-  le renversement des priorités dans les objectifs des PCS.  

-  le questionnement sur la priorité à donner : Travail individuel versus travail collectif et communautaire ?

-  le rôle de la DICS à l’avenir ?  

Dans sa déclaration de politique régionale, le gouvernement wallon s’engageait à renforcer la cohésion sociale. Le moindre que l’on puisse dire est que via cette modification du décret, il loupe son objectif.  

Le fait de recentrer les actions sur des publics spécifiques est une aberration qui élude complètement la nécessaire adaptation des plans aux réalités locales que la mise en œuvre du diagnostic de cohésion sociale favorisait. Il est inopérant de recentrer les actions sur les familles monoparentales et les enfants. Cette problématique est-elle une priorité pour chaque commune de Wallonie ? De nombreuses associations sont déjà actives en la matière. Le PCS se doit de respecter les services, les actions et partenariats développés par d’autres et surtout d’adapter son plan aux besoins locaux. Ce recentrage peut causer des doublons, des tensions et miner à terme l’équilibre partenarial, la légitimité et la crédibilité que nous avons mis en place depuis 2008.  

En synthèse, ce qui donnait son sens et sa richesse au PCS en termes de vision et de cohérence, disparaîtra dans le FRCS :  

-  l’ISADF,

-  le diagnostic de cohésion sociale,

-  la vision stratégique,

-  le pilotage intégré du dispositif par la commune,

-  la définition de la cohésion sociale,

-  la répartition des actions par axe et par droit,

-  la mise en réseau des acteurs publics et associatifs,

-  l’implication des partenaires dans l’élaboration, la mise en œuvre et l’évaluation des actions,

-  l’accompagnement systématique du dispositif par l’administration,

-  le nom du PCS, dispositif pourtant unanimement reconnu, identifié par les services communaux, les services partenaires et les citoyens. La portée des pcs est telle que nous sommes même reconnus à l’étranger.  

Que la région crée un fond pour la cohésion sociale n’est pas gênant mais par contre qu’elle détruise notre visibilité est une décision inconséquente.

Le choix de critères différents de l’ISADF, censés mieux mesurer la pauvreté, n’aura pas l’effet escompté : tant le RIS que le revenu moyen par habitant ne sont pas des indicateurs suffisants pour apprécier la pauvreté et notamment les inégalités que le PCS tentait de réduire…   La volonté du GW est clairement de faire du PCS un PLCP local ce qui constitue un recul de plus de 10 ans par rapport à l’évolution du concept de cohésion sociale en Wallonie…  

Lutter et prévenir l’appauvrissement en permettant aux individus de reprendre le pouvoir sur leur vie au sein d’une société solidaire constituaient le cœur de nos actions. Via les PCS, le gouvernement wallon donnait une image claire d’une société où chacun pouvait s’épanouir dans le respect des rythmes, spécificités, richesses et faiblesses de chacun. Le retour aux politiques ciblées de discrimination positive risque d’induire des effets ségrégationnistes, communautaristes de repli sur soi qui à terme porteront atteinte au vivre ensemble.  

L’instauration d’un droit de tirage et du principe de confiance, avec le flou des objectifs de l’article 4 qui mêle pauvreté, droits fondamentaux, bien-être et prévention du radicalisme, risque aussi de ne pas atteindre l’effet escompté de recentrage du dispositif sur les publics les plus précarisés car il n’y aura pas de vérification possible et ce d’autant plus que l’accompagnement sera facultatif…  

En outre, la possibilité de pilotage du plan par le CPAS risque de le recentrer sur le travail individuel et le public du CPAS en négligeant la dimension collective, communautaire, la cohésion et la solidarité avec l’ensemble de la population.  

Nous voulons que l’on sache que nous sommes au courant et que nous ne partageons pas du tout la méthodologie que l’on veut nous imposer et cette inversion du paradigme sociétal, richesse incontestable de nos plans.  

Notre champ d’action est réduit mais nous devons utiliser le peu de marge qu’il nous reste. 

Si vous partagez notre avis, nous vous invitons à signer cette pétition en ligne. 

Nous parlons souvent de solidarité, de co-responsabilité, de renforcement identitaire PCS, … Il est peut-être encore temps de nous rassembler et de faire entendre nos voix pour défendre les valeurs de nos PCS. Finalement, cette triste réforme nous donne l’occasion de nous fédérer encore davantage.  

Nous espérons que nombre d’entre vous rejoindront notre démarche. Vous pouvez nous faire parvenir toute proposition, remarque, … à l’adresse : pcs@florennes.be .  

En accord et concertation avec Steve EVRARD (PCS d’Ottignies-Louvain-la-Neuve), Marianne BOEGAERTS (PCS de Chastre), Caroline ANTOINE (PCS de Amay).

En leur nom :          

Karl BONDROIT                                                                                         Quentin LORENT

PCS de Philippeville                                                                                    PCS de Florennes

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