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Maintenir et renforcer le projet de régulation des pigeons à Ixelles

A Association Les plumes d’Ixelles · BE

Bonjour, 

Je m’appelle Stéphanie De Jonghe et je suis responsable de l’association Les Plumes d’Ixelles ASBL. Depuis octobre 2021, je travaille avec la commune d’Ixelles pour mieux gérer la population de pigeons bisets, tout en veillant à leur bien-être.

Pendant trois ans, nous avons mené un projet visant à réduire progressivement la population de pigeons, dans le respect de leur bien-être et en améliorant la cohabitation avec les habitants. La commune et Les Plumes d’Ixelles travaillaient ensemble, notamment avec la contraception R-12, un nourrissage complémentaire et contrôlé et un suivi régulier des groupes de pigeons.

Les résultats étaient encourageants. Après trois ans, la population avait diminué en moyenne de 40 % sur les sites suivis. Les pigeons présentaient également un meilleur état général. Le nourrissage clandestin avait diminué et la cohabitation avec les riverains s’était améliorée.

Pourtant, la contraception a été arrêtée par la commune en mars 2024. Un an et demi plus tard, je constate déjà les conséquences de cet arrêt sur le terrain. La population augmente à nouveau et la nourriture disponible ne suffit plus. Le manque de nourriture affaiblit les pigeons, diminue leur immunité et les rend plus vulnérables aux maladies. Je constate actuellement de nombreux cas de pigeons malades, notamment parmi les jeunes.

Par cette pétition, nous demandons à la commune d’Ixelles de reprendre sa collaboration avec Les Plumes d’Ixelles, en maintenant la contraception et le nourrissage complémentaire contrôlé comme des éléments essentiels du projet.

Vous trouverez ci-dessous, si vous le souhaitez, davantage d’informations sur le projet ainsi que ma réponse aux arguments avancés contre la contraception.

Le projet

L’objectif du projet est de réguler progressivement la population de pigeons, tout en préservant leur bien-être et en limitant les nuisances pour les habitants.

Pour y parvenir, le projet repose sur quatre éléments :

1. La régulation des naissances grâce à la contraception

2. Un nourrissage complémentaire, contrôlé et adapté aux besoins des pigeons

3. Des soins de base et l’euthanasie des pigeons dont l’état le justifie par un vétérinaire

4. Une information régulière des habitants

Le projet concerne actuellement neuf groupes de pigeons répartis sur le territoire d’Ixelles, qui comptent chacun environ 300 individus. J’assure leur nourrissage et leur suivi quotidien, 365 jours par an.

La commune a décidé d’arrêter la contraception prématurément en 2025. Le projet avait alors été mené pendant trois ans.

Résultats du projet

Après trois ans, le projet a donné des résultats encourageants :

1. La population a diminué en moyenne de 40 % sur les neuf sites suivis

2. Les groupes de pigeons ont été recensés et cartographiés

3. Les pigeons présentaient un meilleur état général, comme en témoignent l’état de leur plumage, de leur bec et de leurs pattes, ainsi que leur condition corporelle

4. Le nourrissage clandestin a diminué

5. Les échanges avec les habitants ont permis de mieux faire comprendre le projet

6. Les retours des riverains indiquaient une amélioration de la cohabitation. La nourriture étant distribuée dans des lieux prévus à cet effet, les pigeons se dispersaient rapidement après le nourrissage, restaient moins longtemps au sol à la recherche de nourriture et se tenaient davantage à l’écart des personnes

Réponse aux arguments avancés contre la contraception

En mars 2025, Bruxelles Environnement a indiqué à la commune d’Ixelles qu’elle ne recommandait pas de promouvoir activement la contraception, notamment en raison de préoccupations liées à ses effets sur l’environnement, aux espèces non ciblées, à son caractère réversible et à la nécessité d’un suivi à long terme.

Ces préoccupations doivent être prises au sérieux. Elles ne signifient toutefois pas que la contraception doit être exclue d’un projet de régulation. En 2025, l’INBO (l’équivalent flamand de Bruxelles Environnement) a publié un avis consacré au R-12. Il conclut que celui-ci peut constituer un outil dans le cadre d’une approche intégrée de gestion des pigeons urbains, à condition d’être correctement dosé et distribué. (1)

Ces données scientifiques, ainsi que les résultats obtenus pendant trois ans à Ixelles, montrent qu’il est possible d’utiliser la contraception dans le cadre d’un projet encadré et adapté aux réalités du terrain. Voici les principaux arguments avancés contre la contraception et les éléments qui permettent d’y répondre.

1. «La contraception présente des risques pour l’environnement et la faune sauvage.»

Le contraceptif R-12, à base de nicarbazine, est autorisé en Belgique depuis 2016 comme médicament vétérinaire destiné à la contraception des pigeons bisets. La nicarbazine est par ailleurs utilisée depuis des dizaines d’années comme coccidiostatique dans l’élevage de volailles et a fait l’objet de plusieurs évaluations scientifiques par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA). Sa distribution en ville est encadrée et suivie par des vétérinaires de Vets For City Pigeons.

Selon l’INBO, le risque pour les autres espèces d’oiseaux est quasi inexistant lorsque les graines sont correctement dosées et distribuées. L’INBO estime également qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter des effets secondaires chez les rapaces qui consomment des pigeons traités. (1)

Cette conclusion correspond également à ce que j’observe sur le terrain. Les pigeons ramiers, lorsqu’ils sont présents, restent à l’écart des groupes de pigeons bisets. Trop timides pour atteindre le centre du groupe, ils ont très peu accès aux graines, qui sont rapidement consommées par les pigeons bisets dominants.

De son côté, l’EFSA (2) a évalué à plusieurs reprises la nicarbazine utilisée comme coccidiostatique chez les volailles et a conclu, dans son évaluation environnementale de 2021, que son utilisation dans l’alimentation des dindes ne présentait pas de risque pour les milieux terrestres et aquatiques ni pour les sédiments, et qu’aucun risque n’était attendu pour les eaux souterraines.

2. « La contraception n’est pas suffisamment efficace pour réduire la population. »

L’expérience d’Ixelles constitue ici un élément concret à prendre en considération. Au cours des trois années du projet, une réduction moyenne d’environ 40 % de la population a été observée sur les sites suivis.

L’augmentation constatée en fin de troisième année pourrait notamment s’expliquer par une dose de contraception insuffisante et par l’arrivée de pigeons provenant de sites voisins directs où la contraception n’était pas appliquée. L’INBO souligne en effet que l’efficacité du R-12 dépend notamment d’une consommation suffisante du produit et du fait qu’une proportion suffisamment importante de la population soit effectivement atteinte.

Ces résultats ne sont pas isolés. La Ville de Bruxelles indique elle-même que la contraception a permis de réduire significativement les populations de pigeons sur plusieurs sites. Au square Clémentine, où le premier distributeur de graines contraceptives a été installé à l’automne 2019, une réduction de 66 % de la population a été enregistrée en février 2023. (3)

Les expériences menées dans plusieurs villes flamandes vont dans le même sens. Malines, Louvain et Tongres rapportent toutes des diminutions de 40 % à 67 % après la mise en place de programmes de contraception. (4)

Enfin, une étude scientifique menée à Barcelone entre 2017 et 2019 a également suivi 34 colonies de pigeons et a constaté une diminution de 55,26 % de la population dans les colonies traitées après trois années d’utilisation du R-12 (5). Cette étude est particulièrement intéressante car elle porte sur un nombre important de colonies et compare l’évolution des populations traitées à celle de colonies témoins dans la même région.

De nombreuses données scientifiques et expériences de terrain montrent que la contraception peut contribuer efficacement à réduire les populations de pigeons, à condition d’être correctement dosée, suffisamment distribuée et maintenue dans la durée.

3. « Les pigeons redeviennent fertiles après l’arrêt de la contraception. »

C’est exact : l’effet contraceptif du R-12 est réversible et disparaît après l’arrêt du traitement. C’est précisément pourquoi la régulation des populations de pigeons doit s’inscrire dans la durée. Sans suivi à long terme, les pigeons recommencent à se reproduire et les résultats obtenus progressivement risquent de se perdre.

La régulation des animaux errants doit être considérée à vie. Le coût sera dégressif quand les pigeons auront diminué en nombre.

4. « La méthode est complexe et nécessite un suivi important. »

Oui, le R-12 demande un certain suivi. Mais à Ixelles, ce suivi était déjà organisé : les sites étaient identifiés et la distribution était encadrée par Vets For City Pigeons, une structure fondée par une équipe de vétérinaires. Le projet a ainsi fonctionné pendant trois ans, avec des résultats concrets.

5. « La priorité doit être donnée à la réduction des sources de nourriture. »

Les pigeons bisets sont des animaux domestiques errants. Ils présentent plusieurs différences génétiques par rapport à leurs ancêtres sauvages et dépendent largement de la nourriture mise à leur disposition par l’être humain. Ils dépendent également des infrastructures humaines pour le logement.

Le maïs contraceptif R-12 est dosé comme un médicament. La quantité distribuée ne couvre qu’une petite partie des besoins alimentaires des pigeons. La contraception doit donc s’accompagner d’un nourrissage complémentaire, contrôlé et adapté, afin de préserver leur santé et leur bien-être.

Une interdiction de nourrissage comme seule méthode de gestion de la population n’est pas respectueuse du bien-être animal : en période de pénurie alimentaire, les pigeons continuent à couver leurs œufs et le nombre de jeunes qui éclosent reste inchangé. Faute de nourriture suffisante, de nombreux jeunes pigeons meurent de faim. (6)

La Dre Mary-Lore Lonneux, vétérinaire à Bruxelles, souligne les conséquences d’une interdiction totale du nourrissage, telle qu’elle est actuellement en vigueur dans plusieurs communes bruxelloises :

« La privation de nourriture diminue l’immunité, augmente la morbidité et la mortalité et entraîne la multiplication d’animaux malades et mourants dans l’espace public. Lorsqu’on préconise l’emploi de la contraception avec l’interdiction de tout autre nourrissage complémentaire, il faut également assumer que l’on condamne ces oiseaux à l’affamement. »

En associant contraception et nourrissage complémentaire contrôlé, le projet d’Ixelles permettait précisément de concilier la régulation de la population et le bien-être animal.

CONCLUSION : Un projet à poursuivre  

Un an et demi après l’arrêt de la contraception, les conséquences sont de plus en plus visibles. La population de pigeons augmente à nouveau et les résultats obtenus au cours des trois années du projet sont progressivement perdus. Sur le terrain, je constate également un nombre important de pigeons malades, notamment parmi les jeunes. Les pigeons qui survivent viennent rejoindre les adultes, contribuant ainsi à reconstituer progressivement la population.

Pourtant, les trois années du projet avaient permis de réduire la population, d’améliorer l’état de santé des pigeons et de favoriser une meilleure cohabitation entre les pigeons et les habitants.

L’objectif de cette pétition n’est pas simplement de demander le retour du R-12. Il s’agit de poursuivre et renforcer le projet de régulation mis en place pendant trois ans entre la commune d’Ixelles et Les Plumes d’Ixelles.

Nous demandons à la commune d’Ixelles de reprendre cette collaboration et de poursuivre une approche intégrée, associant contraception, nourrissage complémentaire contrôlé, suivi des populations et attention au bien-être des pigeons.

Soutenez cette pétition pour permettre la reprise d’une régulation efficace et respectueuse du bien-être des pigeons.

Sources:

1. Baert, K. & Huysentruyt, F. (2025). Advies over de bestrijding van stadsduiven met de R-12 duivenpil. Adviezen van het Instituut voor Natuur- en Bosonderzoek, nr. INBO.A.5057. Instituut voor Natuur- en Bosonderzoek. https://doi.org/10.21436/inboa.129515899

2. EFSA (2021). Safety for the environment of a feed additive consisting of nicarbazin (Coxar®) for use in turkeys for fattening. EFSA Journal, 19(7), 6715. https://doi.org/10.2903/j.efsa.2021.6715

3. Ville de Bruxelles (2026). Pigeons. Consulté le 7 octobre 2026. https://www.bruxelles.be/pigeons

4. https://www.gva.be/regio/antwerpen/rivierenland/mechelen/tot-40-procent-minder-duiven-in-mechelen-dankzij-anticonceptie/114235038.html, https://www.leuvenactueel.be/dieren/dieren/54524/leuven-breidt-aanpak-van-stadsduiven-verder-uit, https://www.nieuwsblad.be/binnenland/geboortebeperking-voor-stadsduiven-in-tongeren-werpt-vruchten-af/60014446.html

5. González-Crespo, C. & Lavín, S. (2022). Use of Fertility Control (Nicarbazin) in Barcelona: An Effective yet Respectful Method towards Animal Welfare for the Management of Conflictive Feral Pigeon Colonies. Animals, 12(7), 856. https://doi.org/10.3390/ani12070856

6. Mak, B., Chaban, M. J., Drewitt, E., Weisser, W. & Apfelbeck, B. (2026). When the going gets tough, the dove gets going: Feral pigeons maintain nest attendance rates during food shortages with asymmetrical biparental care. Royal Society Open Science, 13, 261123. https://doi.org/10.1098/rsos.261123

 

 

 

 

 

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