Soutien à un jeune agriculteur.

 Soutien à un jeune agriculteur  

Nous voudrions vous parler d’un jeune homme de 25 ans que nous connaissons bien. Il ne se plaisait pas à l’école car il aimait trop le travail dans les champs et suivre sa famille pour les soins aux animaux. Il marchait à peine qu’il jouait déjà à tondre ses moutons en plastique pour faire comme Parrain.  

Mais il a persévéré et obtenu un diplôme qui lui permettrait de travailler dans un bureau ou comme commercial sur les routes. Il a choisi une autre voie pleine de risques pour devenir indépendant. Il n’ajoutera pas son véhicule aux embouteillages sur l’autoroute de Luxembourg, mais vivra et travaillera au milieu des champs.  

L’agriculture étant un secteur difficile où beaucoup de débouchés sont peu rémunérateurs, il a choisi de produire des œufs. Cela permettra aux citadins belges de disposer d’œufs frais qui n’auront pas parcouru des milliers de kilomètres depuis l’Ukraine ou le Brésil. Ses poules en liberté ne seront pas différentes de celles que certains d’entre vous élèvent derrière vos maisons. Un abri, de la nourriture venant du magasin, de la bonne herbe et de l’espace pour gambader ! Mais les siennes, au lieu de 4 m², disposeront de 160 000 m². Voilà la grosse différence !  

On vous a présenté ce projet comme émanant d’un industriel étranger alors que c’est un enfant du pays qui veut y revenir et que malheureusement le système européen poussant les prix des produits agricoles vers le bas, il faut 39 000 poules pour faire vivre un seul agriculteur.  

On vous a également dit que les fientes seraient épandues tout près, mais pour éviter les maladies, il est exclu d’épandre sur la parcelle où les poules se promènent. Exclu également dans les herbages où les agneaux et veaux du village pâturent sous vos fenêtres. Elles sont réservées aux terres de culture éloignées. Il vaut donc mieux que les poules soient à la Belle Aly à 580 mètres de la première maison qu’a un autre endroit car s’il doit cultiver des céréales ou du colza à Gennevaux, il devra y épandre !  

Il a cherché parmi les terrains cultivés par sa famille et a fini par trouver le coin qu’il pensait idéal, à plus de 580 mètres du village, avec les vents dominants qui éloignent les éventuelles odeurs, et le charroi lourd ne transitera pas par le village avant de rejoindre la route nationale.  

Et il est tombé de haut lorsqu’il a vu se lever des opposants parmi vous. Dans les vieilles maisons où ses ancêtres ou leurs cousins ont vécu et travaillé ou dans les nouvelles que l’on a construites dans les enclos où ses aïeux gardaient leurs poules et coupaient le trèfle pour leurs lapins. Une partie des habitants s’est mobilisée pour faire capoter son rêve, pour l’empêcher de vivre comme il l’a choisi.

Comme si la ruralité n’était plus la coexistence des activités forestières, agricoles et artisanales avec du logement mais seulement un alignement de villas quatre façades avec pelouse tondue au robot !

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